Le Rallye - Episode 7 - Etape 4 1ère journée

Neijakh / EL Hazbane 358 kms, étape marathon

Dimanche 23 mars
Extraordinaire cette étape d'hier, il s'en est fallu de peu que nous ne capitulions dans les dunes, mais nous avions véritablement envie de traverser cet endroit magnifique, alors nous nous sommes engagées au maximum. Cela a été payant, 15ème au général de la 1ère participation et 40ème au général. Nous avons la pêche pour cette étape de 2 jours sans retour au bivouac, ce soir nous dormons dans le désert. Nouvelles sensations, nouvelles aventures.
Le plein de gas-oil du véhicule est fait, jerrycan d'eau et réservoir de 70l "spécial Disco" remplis, rations de survie (plus petits grignotis persos) embarquées, Sancerre pour le bivouac du soir arrimé, tente pliée, affaires vaguement rangées, lunettes, casque. Contact, c'est parti,. Départ à 06h30 (pas de retard aujourd'hui)
08h30 1er CP sans souci, nous avons repris les traces d'hier soir en sens inverse (si si nous avons reconnu les traces de notre véhicule). Le moteur ronronne tranquillement. A nouveau ce spectacle extraordinaire des dunes de Merzouga dans lesquelles nous avons navigué hier.
Malgré la course, nous avons au fond de nous une petite envie de nous arrêter pour contempler tranquillement ce spectacle extraordinaire. Mais il faut avancer. Nous laissons à notre gauche les immenses falaises de l'Amada du Guir, derrière, c'est l'Algérie. Les premiers kilomètres après le point de contrôle sont un peu laborieux, sable, petites dunes, rien tout de même à côté des difficultés d'hier. Nous arrivons ensuite dans un terrain plus roulant et à 11h20 2ème CP, tout se déroule au mieux, direction la 3ème balise, la plus à l'Est de la journée, au pied
des falaises. La navigation est vraiment à l'opposé de celle d'hier où nous devions naviguer entre les dunes, chercher le meilleur passage pour ne pas risquer de s'ensabler (en ce qui nous concerne, les plaques sont restées sur le véhicule, petite fierté !).

Sorry, I cannot display the flash slidehsow for one of the following reasons.
1. Your browser does not support Javascript.
2. If you are using RapidWeaver, please make sure your theme is using the most up-to-date version of the javascript include file.

Là, pas de zig-zag permanent, nous essayons de tenir au mieux le cap sur la piste. Bon sang, mais où est cette foutue 3ème balise, nous avons piqué trop au Sud et nous sommes obligées de remonter vers le Nord pour la chercher. Nous ne sommes pas seules dans ce cas, il y a du trafic autour du CP3 qui se refuse toujours à nous. Est-ce qu'un chameau facétieux aurait mangé le drapeau ?

Des traces partout dans tous les sens. A devenir folles, même la boussole perd le Nord. En ce jour de Pâques, nous avons parfois une pensée pour le Dieu GPS (en vain). On se calme, on n'agit pas comme des cloches (de Pâques), on fait le point, demi tour et 13h50 CP3 (53 kms depuis le départ). Ouf, petite pause rapide pour un délicieux sandwich concombre, thon, tomate avec un Perrier bien frais (à moins que ce soit une ration de survie avec de l'eau un peu tiède) et nous repartons de plus belle vers la 4ème balise de la journée. Restons calme, n'oublions pas que ce soir, il n'y a pas d'assistance mécanique, pas question de se lancer dans une maintenance lourde style amortisseur ou autre. Navigation délicate sur ces plateaux rocheux entrecoupés de petites vallées. A 15h50 le CP4 est en vue. L'horizon se dégage un peu et nous pouvons avancer un peu plus facilement. Nous attendons avec impatience le CP5 qui sera également le point de ravitaillement en carburant. 16h30, station en vue, flûte, Bison Futé nous avait prévenu, le week-end de Pâques est classé rouge et nous devons faire la queue à la pompe. "Total, vous ne viendrez plus chez nous par hasard", ça c'est sûr, pour venir faire le plein ici, ce n'est pas le hasard.

Bon d'accord la station- service n'est pas des plus modernes, pas de point internet, pas de brumisateur ni de table à langer, mais nous ne sommes pas difficiles (et les enfants sont grands). Patati, patata et rafraîchissements en attendant notre tour. 86 kms au compteur, les organisateurs nous ont prévenues, la navigation devient plus délicate chaque jour, ça se confirme, nous sommes parties depuis 7h ce matin, il est 17h lorsque nous repartons. Nous devons nous rendre à l'évidence, nous n'attendrons pas le CP6 ce soir. Nous commençons à regarder à droite et à gauche pour nous trouver un petit coin sympa pour établir le bivouac. Stop, l'endroit est  idéal et de toute manière la nuit est tombée. Nous nous installons à la lueur des phares. Nous sommes quelques équipages (11, soyons précises, dont 1 équipage Canadien) à avoir choisi cet endroit. Etrange ambiance qui contraste avec les  nuits précédentes ou le bivouac était animé jusque tard dans la nuit. Ici rien, seulement des phares qui de temps en temps percent l'obscurité. Le bivouac est installé, chacun vaque à ses petites affaires. Vérifications sur le véhicule, toilette, rangement. Repas à la frontale (pas dans les yeux s'il te plait) où nous apportons chacune nos petits plus. Agréable convivialité au milieu de cet océan minéral. Quelques gerboises (une variante de nos souris, mais avec une queue très longue) s'approchent, sans doute attirées par la lumière. C'est à mourir de rire que de les regarder s'enfuir en sautant dans tous les sens dès que nous claquons des mains. Longues discussions ou tout en faisant plus connaissance, nous évoquons le souvenir des étapes passées, les options choisies, les galères, les plaisirs, les regrets. Doucement la lune se lève effaçant les étoiles les moins brillantes. La fatigue de la journée nous rattrape rapidement et demain nous avons une longue, très longue étape. Nous devons partir tôt si nous voulons faire une grosse moisson de balises et rentrer au bivouac dans les temps. Au lit. Silence du désert simplement troublé par les aboiements de quelques fenecs qui vont et viennent au loin. "Celui qui ne connaît pas le silence du désert ne sait pas ce que c'est que le silence" (proverbe Touareg)

Christine et Claudine